Depuis 2009, le Pays d’Aubagne et de l’Étoile a fait un pari audacieux : rendre les transports en commun gratuits pour tous. Résultat ? Trois fois plus d’usagers, des familles qui économisent 500€ par an, et une baisse significative de l’usage de la voiture individuelle. Pourtant, aujourd’hui, ce modèle vertueux est menacé par la Métropole Aix-Marseille-Provence, en déficit de 123 millions d’euros.
Mais au-delà des chiffres, c’est une question de fond qui se pose : et si la gratuité des transports était l’une des solutions les plus efficaces pour lutter contre le réchauffement climatique, tout en améliorant le pouvoir d’achat et la cohésion sociale ?
À Aubagne, on en est convaincu. Et les 450 personnes réunies le 15 mai dernier aussi.
La gratuité, un accélérateur de transition écologique
Moins de voitures, plus de bus : un report modal réussi
La preuve est là : depuis 2009, la fréquentation des transports en commun a été multipliée par trois sur le territoire. Un succès qui s’explique simplement : quand le bus est gratuit, les habitants l’empruntent. Et quand ils l’empruntent, ils laissent leur voiture au garage.
Or, moins de voitures, c’est moins de CO₂, moins de pollution de l’air, et moins de nuisances sonores. À l’heure où la France s’est engagée à atteindre la neutralité carbone en 2050 (COP21 et COP28), la gratuité des transports apparaît comme un levier concret et immédiat pour y parvenir.
(Et oui, à Aubagne, on ne parle pas de théorie : on agit.)
Un modèle qui inspire la France entière
Aubagne a été précurseur. Aujourd’hui, 49 villes ou groupements de communes en France ont adopté la gratuité (totale ou partielle), au bénéfice de 2 millions d’habitants. Montpellier, Dunkerque, Niort… toutes ont compris que la gratuité, c’est gagnant-gagnant : pour la planète, pour les usagers, et pour l’attractivité des territoires.
Alors pourquoi la Métropole Aix-Marseille-Provence veut-elle faire marche arrière ?
Les autres atouts de la gratuité : social, économique et solidaire
Un bouclier contre la précarité et l’inflation
Pour une famille de quatre personnes, la gratuité des transports représente 500€ d’économies par an. « À l’heure où le panier de courses explose, qui peut se permettre de perdre 500€ ? », interroge Jean-Pierre Squillari, maire d’Aubagne.
Et ce n’est pas tout : cet argent économisé est réinvesti localement – dans les commerces, les loisirs, ou les services de proximité. Un cercle vertueux pour l’économie du Pays d’Aubagne.
Un financement équitable et local
Contrairement aux idées reçues, la gratuité n’est pas financée par les impôts des ménages aubagnais. Elle repose sur le versement mobilité, une taxe payée par les entreprises locales. « Ce n’est pas l’argent des Aubagnais, mais la richesse produite par notre territoire qui finance la gratuité », rappelle Jean-Pierre Squillari.
Un système juste, où ce sont les acteurs économiques qui contribuent à la mobilité de tous.
Une unité politique rare
À Aubagne, la gratuité dépasse les clivages. Gauche, droite, élus de tous bords… tous sont unis pour défendre ce droit. « La gratuité n’est ni de droite ni de gauche. C’est une question de bon sens », résume Jean Pugens, secrétaire général de l’Asdel.
Un consensus local qui contraste avec l’opposition de la Métropole, où Nicolas Isnard (LR) et la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) freinent des quatre fers.
Pourquoi la Métropole veut-elle supprimer la gratuité ?
Un argument budgétaire… contestable
La Métropole invoque un déficit de 123 millions d’euros. Pourtant, la gratuité des transports sur le Pays d’Aubagne ne représente que 0,04% de son budget – soit 2 millions d’euros par an.
« Il serait ridicule de faire peser sur la gratuité les erreurs de gestion du passé », tacle Maurice Marsiglia, président de l’Asdel. « Et puis, quel est le coût de l’inaction ? » ajoute-t-il. Celui d’un retour massif à la voiture, avec son cortège de pollution, d’embouteillages et de dépenses de santé publique.
Des solutions existent
L’Asdel propose des pistes pour pérenniser le financement :
- Rehausser le versement mobilité, comme en Île-de-France, où cela rapporterait 220 millions d’euros.
- Taxer davantage les véhicules les plus polluants (une mesure déjà en place dans d’autres villes).
- Mobiliser les élus locaux pour qu’ils défendent ce modèle auprès de la Métropole et de l’État.
Mobilisation : comment agir concrètement ?
Signez la pétition
L’Association Se Déplacer en Liberté (Asdel) a lancé une pétition en ligne pour exiger le maintien de la gratuité. « Chaque signature compte », rappellent ses membres -> Signer la pétition ici
Rejoignez la manifestation du 13 juin
Un rassemblement est prévu samedi 13 juin au Pôle d’échanges d’Aubagne. « On ne pliera pas », martèle Jean-Pierre Squillari. « Monsieur le préfet, ne touchez pas à notre gratuité ! »
Plus d’infos sue la manifestation
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Partagez cet article, parlez-en autour de vous, affichez le slogan « Liberté, égalité, gratuité » dans votre commune. La mobilisation est notre meilleure arme.
Un combat qui nous concerne tous
La gratuité des transports à Aubagne, ce n’est pas qu’une question de mobilité. C’est un choix de société :
- Écologique, parce qu’elle réduit la pollution et les émissions de CO₂.
- Social, parce qu’elle améliore le pouvoir d’achat et l’accès aux services pour tous.
- Économique, parce qu’elle dynamise le commerce local et l’attractivité du territoire.
- Démocratique, parce qu’elle est portée par une mobilisation citoyenne sans précédent.
Alors oui, la Métropole a des difficultés budgétaires. Mais supprimer la gratuité, c’est se tirer une balle dans le pied – écologique, sociale et économique.
Et vous, vous êtes prêt à défendre ce droit avec nous ?
Signez, partagez, mobilisez-vous. Le 13 juin, soyons nombreux à dire : « La gratuité, on la garde ! »

